Iseult Perrault
S’articulant autour de recherches picturales et spatiales, son travail crée des univers pour les humains ou pour les animaux. Ces installations oscillent entre 2D et 3D, virtuel et réel, jouant entre inconfort et esthétique. L’artiste construit des images, des paysages qui interrogent l’être humain sur sa position, son rapport à son environnement.
La notion de paysage l’intéresse car elle est une notion universelle et commune à tout être humain. Nous ne partageons pas tous les mêmes paysages, mais nous avons tous en nous des paysages et une représentation immatérielle et sensible de ces derniers. Ces représentations permettent à chacun de pouvoir s’interroger sur le monde qui l’entoure et de questionner les différentes façons de positionner son regard par rapport à ses environnements. Son travail joue avec leur authenticité, leur temporalité et leurs limites.
On parle le plus souvent du paysage comme la représentation d’une vue, jugée à défaut comme naturelle. Par la peinture, elle se questionne, ainsi que le spectateur sur sa fragilité, sa disparition et la conservation de son aura, en opposition avec notre besoin frénétique d’en découvrir de nouveaux, lié à notre surconsommation de ces derniers.
Un paysage est l’exercice d’une pensée, d’une sensation, d’une perception où l’être humain est à la fois acteur et spectateur de cet environnement post-naturel.
En octobre 2021, confie son travail à HostingArt à l’occasion de la troisième édition du Don Papa Art Program où elle remporta le prix.
Les portes de corne. Installation comprenant : Polyptyque : acrylique sur toile,
280 x 200 cm. Une assise en bois et des coussins poissons, impression sur coton biologique, tailles variables.
Cette œuvre est un dialogue entre un environnement domestique imaginaire et l’environnement naturel de l’île de Negros. Dans la mythologie, le monde des songes a deux portes : l’une faite d’ivoire et l’autre de corne. Les rêves qui racontent le réel, ceux qui sont prémonitoires, sortent par une porte de corne, tandis que les rêves trompeurs, sans lien avec la réalité, empruntent la porte d’ivoire.
N’étant jamais allée dans cette région du monde, le paysage peint est inspiré par les différentes plantes présentes sur l’île de Negros.
Entre paysage réel et fictif, je m’imagine me réveillant dans cette région du monde.
Le dégradé du ciel nous indique que le soleil se lève et joue un double rôle : il incarne cette aurore, mais aussi un paysage en feu. Cette double lecture est un moyen d’alerter le spectateur sur le danger imminent qu’est la disparition de ces paysages. Au cœur du banc de poissons, le visiteur vit un court instant le voyage imaginaire vers l’île de Negros. Somnolant, il ne sait si ce rêve passera par la porte de corne ou d’ivoire.

Son univers artistique

















