Victor Cord’homme

Né en 1991, diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2017 avec les félicitations du jury, Victor Cord’homme étudie la peinture auprès de Dominique Gauthier et la sculpture avec Tadashi Kawamata. Ce double apprentissage lui permettra d’associer les techniques de la représentation plane et spatiale dans le cadre d’un projet artistique original, entièrement consacré à la figuration de la ville de demain.

Un univers ni utopique ni dystopique, dont le roman d’anticipation Hors-Sol de Pierre Alféri est la parfaite mise en récit. Fuyant la Terre, au bord de l’effondrement environnemental, cinq mille personnes sont sélectionnées pour être envoyées en reconnaissance sur Mars, au bord d’un aéronef colossal, afin d’y préparer l’émigration de l’espèce humaine. Arrêtées dans leur élan par une panne des systèmes de propulsion, elles sont transférées d’urgence dans de grandes capsules de sauvetage, programmées pour les rapatrier. Mais, leur retour sur Terre étant devenu entre temps impraticable, elles sont automatiquement mises sur orbite dans les hautes couches de l’atmosphère terrestre, définitivement captives de leurs vaisseaux volants.

Telle est la zone existentielle de l’univers de Victor Cord’homme : à mi-chemin entre les utopies spiritualistes d’une rédemption de l’humanité par l’exode vers une terre promise des confins de l’espace et les dystopies se morfondant complaisamment dans le cauchemar d’une vie terrestre moribonde. Un monde morcelé en plateformes flottantes, évoluant dans les hauteurs hyperbonéennes et ozonées, de notre atmosphère, au-dessus d’une Terre inhabitable et oubliée de tous. La vie qui s’y déroule, notre artiste l’imagine joyeuse, trépidante d’énergie, comme en témoignent ses décors picturaux et sculpturaux, intégrés à de vastes installations, exubérantes et inventives, bigarrés et amusantes, peuplées de toiles progressant le long de marquages au sol multicolores et d’une riche signalétique aérienne, faite de ventilateurs, fusées, nuages ou soleils suspendus, lesquels saturent entièrement l’espace d’exposition.

On oublierait presque que cette gaité est contrebalancée par la compression d’un espace capsulaire, emprisonnant ses occupants et les condamnant à d’incessantes interactions dépersonnalisantes, à des « synergies positives », au sein desquelles le tout est censé rehausser la valeur des parties, au nom du principe « un et un font trois » – énoncé par l’architecte et écrivain futuriste américain Richard Buckminster Fuller.
Au total, nous avons affaire à un monde convivial, plein d’humour, si l’on entend ce dernier terme à la manière du philosophe et essayiste français Gilles Lipovetsky, comme une tournure d’esprit disposée à toujours prendre le comique au sérieux et le sérieux au comique.

Victor Cord’homme travaille en ce moment à la conception d’un projet d’installation de grande envergure, intitulé « La Métropole », dans lequel il compte mettre à contribution l’intelligence artificielle, afin d’enrichir son univers d’effets sonores et lumineux interagissant avec les spectateurs. Il aspire ainsi à un art total, immersif et fusionnel, se déployant en de larges et étourdissantes perspectives.


Extrait de texte de Matthieu Corradino

Son univers artistique

Vitrines Maison Hermès Shanghai, 2020

Exposition N.O.É

Nacelle Observant les Étoiles
_Septembre 2023
Au centre d'art contemporain Les Tanneries

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